La misère, c’est quoi ?
- Héloïse (13 ans) : C’est pas génial.
- Alice (13 ans) : La misère, ça peut être plein de choses et ça gâche la vie.
C’est dur de le porter.Ça n’est pas forcément un manque d’argent.Un jeune peut être exclu parce qu’il n’a pas de marques sur ses vêtements ou parce qu’il a des problèmes physiques.
- Jean (10 ans) : C’est un élève que l’on ne connaît pas bien et qui a du mal en classe. On le rejette, il est tout seul dans son coin. Il ne se sent pas bien.
La misère, ça ressemble à quoi ?
- Yoko (13 ans) : J’ai été rejetée par mes copines quand j’étais à l’école primaire. J’ai redoublé une classe. Elles me disaient que j’étais nulle. C’est dur de faire des récréations toute seule. J’aurais bien aimé que quelqu’un me propose de jouer.
Un enfant dans la misère, c’est comment ?
- Jean-Paul (11 ans) : L’enfant pauvre n’est pas différent. Il n’y a que l’argent qu’il n’a pas.
- Héloïse : Un Africain est arrivé dans ma classe. Le premier jour, il était tout seul. Je suis allée vers lui, l’ai fait parler sur sa vie et lui ai expliqué le fonctionnement de l’école.
- Yoko : Il ne faut pas dire à un enfant que, parce qu’il est pauvre, il n’est pas pareil que nous. Lui aussi a envie de jouer.
- Jean : En CE1, on avait formé un club avec des copains. Ils voulaient espionner une fille qui avait des problèmes familiaux. Ils l’appelaient « la pouilleuse » parce qu’elle avait des poux. Je leur ai dit : « Vous faites ce que vous voulez, je ne viens pas avec vous. » Finalement, ils n’ont rien fait.
Lutter contre la misère en étant enfant, c’est possible ?
- Alexis (13 ans) : Souvent on pense à des grandes choses, aux millions d’euros de dons.C’est bien, mais il n’y a pas que ça. Il faut commencer par de petites choses.
- Doris (8 ans) : Certains disent que l’argent fait le bonheur, mais le bonheur, c’est l’amitié, l’amour.
Maylis (Belgique).
« Après le tsunami en Asie du Sud-Est, beaucoup d’argent a été récolté.
Mon père vient du Togo, en Afrique.
Ça fait plusieurs années que, là-bas, ils demandent un peu d’argent pour les livres, pour que les enfants apprennent.
Et l’argent va ailleurs… On oublie l’Afrique. Tout ce que je demande, c’est qu’on aide tous les pays en difficulté. Mon rêve pour 2005, c’est que tous les enfants soient heureux avec leur famille et que chacun aide plus pauvre que soi. »
http://www.atd-quartmonde.asso.fr/
Propos recueillis à Bordeaux par Chantal Cabé, Les Clés de l’Actualité
Un geste à faire
Afin que ce que tu dis soit entendu, écris ce que tu penses faire contre la misère